Journée courte et c'est tant mieux : neuf heures de décalage plus une prise en main de véhicule de huit mètres, ça suffit largement.
À faire pendant l'état des lieuxInventaire avec l'agent, photos et vidéo de chaque rayure avant de signer. Faire remplir le propane et l'eau propre sur place. Se faire montrer la manœuvre de vidange à vide — c'est bien plus simple à comprendre sur un réservoir vide que dans une aire de service à la nuit tombée.
Les courses de départ — Walmart, Target ou Costco. Non-périssable pour dix jours, eau, une glacière d'appoint pour les boissons (ça libère le frigo), et une bombe de peinture : elle ne servira qu'une fois, mais elle servira.
Sur la route, le Bagdad Café de Newberry Springs — le vrai décor du film de 1987, toujours ouvert, toujours au milieu de rien — ou la ville fantôme de Calico.
Insolite — première des troisLes dunes de Kelso chantent. Descendez la pente principale en glissant sur les fesses : le sable émet un grondement grave qu'on sent dans la poitrine. Il n'y a qu'une trentaine de dunes comme ça sur Terre — et vous en verrez deux autres complètement différentes plus tard dans le voyage.
Lever de soleil sur les dunes, puis remontée vers le Nevada. Vingt minutes avant le Strip : Seven Magic Mountains, sept totems de rochers peints fluo plantés dans le désert par Ugo Rondinone. Gratuit.
À Vegas, Fremont Street vaut mieux que le Strip — c'est le vieux Vegas des années 50, et c'est bien plus drôle. Le Neon Museum (~28 $, réserver) est un cimetière d'enseignes géantes qu'on visite de nuit, rallumées.
LogistiquePremière vraie base : douches, laverie, vidange complète, plein d'eau et de propane. Faites tout ici, les jours suivants sont largement en autonomie.
Détour d'une heure par Valley of Fire (15 $/véhicule) : grès rouge sang, la Fire Wave, les White Domes. La même matière que les grands parcs, sans la foule. Ensuite la I-15 traverse la Virgin River Gorge, un des plus beaux tronçons d'autoroute du pays.
À Zion, les véhicules privés sont interdits dans le canyon : navette gratuite, très bien faite. En fin de journée, le Riverside Walk le long de la Virgin River, plat et magnifique à la lumière rasante.
Attention — tunnel Zion–Mt CarmelAu-delà de 2,39 m de large ou 3,44 m de haut, l'escorte est obligatoire : 15 $, payables à l'entrée, valable deux passages sur 7 jours. Un C30 est largement au-dessus des deux seuils — c'est certain, pas hypothétique. Annoncez-le au guichet d'entrée, ils organisent le passage en sens unique. Le tunnel est fermé la nuit.
C'est ici qu'on achète le passZion est l'un des 11 parcs à supplément non-résident. Achetez le pass America the Beautiful non-résident (250 $) à l'entrée — voir la section dédiée plus bas, il vous fait économiser près de 600 $.
Grosse journée, mais elle enchaîne trois merveilles sans temps mort.
InsoliteLone Rock Beach, sur le lac Powell : on gare le camping-car directement sur la plage de sable, face à un monolithe posé au milieu de l'eau. 14–25 $ le véhicule, pas de raccordement. ⚠️ Le sable est mou près de l'eau : restez sur la bande damée, un Class C s'ensable en une manœuvre.
Horseshoe Bend au lever du soleil (parking 10 $, 2,4 km AR, aucune barrière sur 300 m de vide). Puis Antelope Canyon — prenez Lower plutôt que Upper : moins cher, plus long, on y descend par des échelles. Si c'est complet : Waterholes ou Secret Canyon, mêmes fentes de grès, dix fois moins de monde.
Ensuite l'US-163 et le Forrest Gump Point. Monument Valley se voit très bien depuis les points de vue goudronnés du visitor center et du View Hotel.
Attention — routes non goudronnéesLa Valley Drive (27 km), Valley of the Gods et le Moki Dugway sont en terre. La plupart des contrats de location interdisent les routes non goudronnées et annulent l'assurance — vérifiez le vôtre avant, pas après.
Route par Bluff et Blanding, avec Newspaper Rock au passage : un panneau de grès couvert de 650 pétroglyphes gravés sur deux mille ans, à trois mètres de la route, gratuit.
Bonne nouvelle 2026Arches n'exige plus de réservation d'entrée horaire. Le système de créneaux en vigueur depuis 2022 a été abandonné pour la saison 2026. En revanche les parkings saturent de 9 h à 16 h — visez après 16 h.
Une seule journée pour deux parcs, il faut choisir. Le plus efficace : Dead Horse Point State Park (20 $, un méandre du Colorado 600 m plus bas, souvent jugé plus beau que le Grand Canyon) en milieu d'après-midi, puis The Windows et Double Arch dans Arches, et coucher de soleil à Delicate Arch (4,8 km AR, roche nue, aucune ombre, deux litres d'eau par personne).
Option — lever tôtAvant de quitter Moab : Mesa Arch au lever du soleil (Canyonlands, Island in the Sky). L'arche cadre le soleil qui embrase la roche en dessous. Compter 100 km et 2 h aller-retour depuis Moab, et il y aura trente photographes. Ça vaut quand même le réveil.
Puis I-70 est jusqu'à Grand Junction, et US-50 sud vers Montrose. Vous quittez le grès rouge pour la montagne : les Rocheuses commencent.
Black Canyon of the Gunnison est l'un des parcs nationaux les moins fréquentés du pays, et c'est incompréhensible. Le canyon fait 800 mètres de profondeur pour parfois 340 mètres de large au rebord — si étroit et si sombre que certaines parties du fond ne reçoivent trente-trois minutes de soleil par jour. La Painted Wall est la plus haute falaise du Colorado : 685 mètres d'un seul tenant, striée de veines de pegmatite rose.
Faites la South Rim Road et ses douze belvédères. Chacun se mérite en trois minutes de marche, et chacun donne le vertige.
Attention — 30 pieds à Black CanyonLe South Rim Campground annonce jusqu'à 55 pieds sur la boucle B — mais les boucles B et C ont été fermées après un incendie, et la boucle A ne prend guère plus de 23 pieds. Vérifiez l'état des boucles sur recreation.gov avant de compter dessus, et gardez un RV park de Montrose en plan B (~45 $, à 20 min du parc). La visite du parc, elle, ne pose aucun problème : la South Rim Road et ses belvédères passent sans souci.
La plus belle route du voyage, et la plus haute. US-50 est : Blue Mesa Reservoir, Gunnison, puis Monarch Pass à 3 448 mètres — le point culminant des trois semaines. Descente sur Salida, Poncha Pass, et la vallée de San Luis s'ouvre : une plaine d'altitude de 2 300 m, cernée de sommets à 4 300.
Attention — Monarch Pass en octobreLa neige est possible à partir de mi-octobre. Le col est bien entretenu et déneigé en priorité, mais consultez cotrip.org le matin même. En cas de fermeture, le contournement par le nord (I-70 puis US-285) coûte trois heures. Prévoyez de partir tôt.
Insolite — sur la route, et c'est absurdeColorado Gators Reptile Park, à Mosca : une ferme d'alligators en plein désert froid d'altitude, chauffée par des sources géothermiques. Elle a démarré comme pisciculture de tilapias, les alligators étaient là pour manger les déchets, et ils sont restés. À dix minutes, l'UFO Watchtower de Hooper — une plateforme d'observation d'ovnis avec son jardin d'offrandes.
Insolite — deuxième des trois déserts de sableGreat Sand Dunes : 230 mètres de haut, les plus hautes dunes d'Amérique du Nord, entassées contre la muraille des Sangre de Cristo. Le contraste sable/neige/4 000 m ne ressemble à rien d'autre. On loue des planches de sable à Alamosa ou à l'entrée du parc — la descente est un vrai sport.
Dernière matinée en montagne. Montée par la vallée puis I-25 nord.
Garden of the Gods — gratuit, et c'est l'un des plus beaux sites en accès libre du pays : des lames de grès rouge de 90 mètres plantées à la verticale, avec Pikes Peak enneigé en fond. Deux heures suffisent, la boucle centrale est goudronnée.
Manitou Springs, au pied, est une petite ville d'eaux victorienne un peu allumée, avec des fontaines d'eau minérale gazeuse en libre-service dans la rue.
Insolite — et personne n'y vaPaint Mines Interpretive Park, à Calhan (50 km à l'est, sur votre route de demain) : des hoodoos d'argile ocre, rose, violet et blanc, sculptés dans un ravin au milieu de la prairie. Gratuit, jamais bondé, et les couleurs sont réelles.
Pikes Peak — à ne pas tenterLa route à péage du sommet (4 302 m) est interdite ou fortement déconseillée aux camping-cars, et souvent fermée pour météo en octobre. Si vous voulez le sommet, prenez le cog railway depuis Manitou Springs.
Les Rocheuses disparaissent dans le rétroviseur en une heure, et il ne reste plus que la prairie. C'est une journée de transition, mais elle cache deux choses que presque aucun voyageur français ne voit.
Attention — changement d'heureLe Kansas est en Central Time : vous perdez une heure en franchissant la frontière. Partez tôt.
InsoliteMonument Rocks, dites les Chalk Pyramids, près d'Oakley : des flèches de craie de 21 mètres, seules au milieu d'un océan d'herbe. C'est un fond marin vieux de 80 millions d'années — on y trouve des dents de requin fossilisées. Ce fut le tout premier National Natural Landmark des États-Unis. Terrain privé, accès public, gratuit. ⚠️ Les derniers kilomètres sont en piste de terre : si votre contrat l'interdit, rabattez-vous sur Little Jerusalem Badlands State Park à côté — mêmes formations, parking goudronné et passerelle.
Arrivée à Dodge City en fin d'après-midi. Entre 1875 et 1886, cinq millions de longhorns ont remonté à pied la Western Trail depuis le Texas jusqu'ici, parce que c'est là qu'arrivait le chemin de fer — toute la mythologie de l'Ouest, Wyatt Earp compris, n'est qu'un effet secondaire de ce commerce. Le Boot Hill Museum reconstitue Front Street, mais il ferme vers 17 h : soit vous poussez le rythme, soit vous le faites demain matin en vitesse.
Le jour de la viande n° 1 — départ 7 hLes enchères des Oklahoma National Stockyards démarrent à 6 h 30 ou 8 h et ne se tiennent que lundi et mardi. Quatre heures de route depuis Dodge City : en partant à 7 h vous êtes sur les passerelles vers 11 h, en plein dans la vente. C'est gratuit. L'horaire exact du jour est publié sur leur page Facebook le dimanche soir — vérifiez-le la veille.
Le plus grand marché de bétail d'engraissement au monde, en activité depuis 1910. Des milliers de bêtes, des enchères criées à un débit incompréhensible, des acheteurs qui font des signes minuscules. Rien de touristique : c'est un lieu de travail où on tolère les visiteurs.
Cattlemen's Steakhouse, à trois cents mètres, sert des steaks depuis 1910 dans la salle où les éleveurs closent leurs affaires. Réservez, ou allez-y tôt.
L'après-midi, le National Cowboy & Western Heritage Museum (~30 $) : Remington, Russell, et une ville de l'Ouest reconstituée à l'échelle 1. C'est le musée de référence, et il complète parfaitement ce que vous venez de voir aux enchères.
Insolite — si vous avez 30 minSur la route, à Greensburg (Kansas) : le Big Well, le plus grand puits creusé à la main du monde — 32 m de profondeur, 9 m de large, creusé en 1887 — dans lequel on descend. La ville, rasée à 95 % par une tornade EF5 en 2007, a été reconstruite entièrement en bâtiments écologiques.
Route 66 en sortant d'OKC : Pops 66 à Arcadia — une bouteille de soda en néon de 20 mètres devant une station-service qui vend 700 sodas différents, classés par couleur sur des murs entiers. Et le Round Barn, une grange ronde de 1898 juste à côté.
Passage au Texas en début d'après-midi. Aux Fort Worth Stockyards, le troupeau de longhorns descend Exchange Avenue à 11 h 30 et 16 h, tous les jours — visez celui de 16 h.
Le soir : Billy Bob's Texas, le plus grand honky-tonk du monde. Le mercredi il n'y a pas de rodéo (vendredi et samedi seulement) mais il y a de la musique et une piste de danse où des gens de tous âges dansent le two-step comme si c'était évident.
Journée sans conduite. Lessive, vraie douche, on souffle.
Le déjeuner du jourPecan Lodge, Deep Ellum (mar-dim, ouvre à 11 h, ferme quand c'est vendu). Arrivez à 10 h 30. Brisket gras, beef rib, et la Hot Mess — une patate douce éventrée sur du porc effiloché.
Si vous partez tard — et c'est un bon argumentGoldee's Barbecue, à Fort Worth, n'ouvre que vendredi, samedi et dimanche à 11 h. Sacré n° 1 du Texas par Texas Monthly en 2021, tenu par une bande d'anciens de chez Franklin qui avaient à peine 25 ans. C'est votre seule fenêtre du voyage. Comptez une heure de file.
Waco Mammoth National Monument — une harde de mammouths de Colombie fossilisée sur place, morte ensemble il y a 65 000 ans, découverte par deux gamins cherchant des pointes de flèche en 1978. On marche sur une passerelle au-dessus des squelettes laissés dans le sol. Cinq dollars, vingt minutes, et à peu près personne.
Arrivée à Austin en fin d'après-midi. Rainey Street (des bungalows convertis en bars, avec des food trucks dans les jardins) ou 6th Street pour la version bruyante.
Les chauves-souris — fin de saison1,5 million de molosses du Brésil sortent de sous le Congress Avenue Bridge au crépuscule. Mais elles migrent vers le Mexique à partir de fin octobre : mi-octobre, c'est la queue de saison et la colonie a déjà fondu. Renseignez-vous le jour même — si ça sort encore, soyez-y 30 min avant le coucher du soleil.
Le jour de la viande n° 2 — réveil 5 h 30Snow's BBQ, à Lexington, ouvre le samedi uniquement, à 8 h, jusqu'à épuisement — souvent vers midi. 90 km depuis Austin. La file commence avant 7 h. Partez à 6 h, soyez sur place à 7 h. C'est le seul samedi du voyage : il n'y a pas de session de rattrapage.
Tootsie Tomanetz, née en 1935, allume les foyers à 3 h du matin et travaille encore les pits elle-même. Prenez du brisket gras et de la saucisse, mangez debout à une table de pique-nique, et ne demandez pas de sauce.
Puis Lockhart, cent kilomètres au sud — désignée « Barbecue Capital of Texas » par le Parlement du Texas. Trois institutions à cinq minutes à pied :
Stratégie : une seule viande par arrêt, à partager à trois. Sautez le petit-déjeuner. Buvez beaucoup d'eau. Vous n'aurez pas faim le soir, et c'est normal.
Route vers San Antonio en fin de journée (~100 km).
Le matin, San Antonio. The Alamo est gratuit et en plein centre, mais le vrai morceau, ce sont les Missions — quatre missions espagnoles du XVIIIe siècle alignées le long de la rivière, classées à l'UNESCO, gratuites. Mission San José est la plus belle, avec sa Rose Window. Le River Walk se fait mieux en fin de journée, mais un passage rapide vaut le coup.
Insolite — et le dimanche est LE jourLuckenbach : population 3. Un magasin général, un dance hall, des poules qui circulent entre les tables et de vieux chênes. Un cercle de guitaristes joue tous les après-midis sous les arbres, ouvert à qui veut s'asseoir, et le dimanche c'est le grand rassemblement. La chanson de Waylon Jennings et Willie Nelson a rendu l'endroit célèbre en 1977 ; ils n'ont strictement rien changé depuis.
Fredericksburg — fondée par des colons allemands en 1846, et il subsiste un dialecte local, le Texasdeutsch. Brasseries, vignobles, boucheries allemandes, et un immense National Museum of the Pacific War (l'amiral Nimitz est né ici) — l'un des meilleurs musées de guerre du pays, absurdement planté au milieu du Texas.
Coucher de soleilEnchanted Rock, 30 km au nord : un dôme de granit rose de 130 m qu'on grimpe en 45 minutes. Il craque et gémit la nuit en refroidissant — les Tonkawa y entendaient des esprits, d'où le nom. ⚠️ Réservation d'entrée obligatoire, le parc sature souvent le week-end.
La grande traversée. Le Texas se vide progressivement : les collines et les vignes deviennent des ranchs, puis des plateaux calcaires, puis les champs pétroliers du bassin permien, puis plus rien du tout. Junction, Ozona, Fort Stockton, Pecos.
C'est plat, c'est droit, et à trois conducteurs qui tournent toutes les deux heures ça passe très bien. Prenez de quoi écouter : les stations locales alternent country, prêche et cours du bétail, et c'est un documentaire à soi tout seul.
Attention — station-serviceEntre Ozona et Fort Stockton, comptez large. Faites le plein dès la moitié du réservoir, il y a des tronçons de 120 km sans rien.
Fuseau horaireVous repassez en Mountain Time en entrant au Nouveau-Mexique : vous regagnez l'heure perdue au Kansas.
Carlsbad Caverns au réveil. Ne prenez pas l'ascenseur : entrez par l'entrée naturelle, une gueule béante dans la falaise, et descendez à pied — 1,4 km de lacets et 230 mètres de dénivelé négatif dans une pénombre qui s'épaissit. Une heure plus tard vous débouchez dans la Big Room : 1,2 km de long, la plus grande chambre souterraine accessible d'Amérique du Nord, hérissée de colonnes de 20 mètres. La boucle fait encore 2 km.
Activité — à ajouter sur placeLa visite guidée du King's Palace (ranger, ~1 h 30, ~8 $/pers, à réserver sur recreation.gov) descend 25 mètres plus bas que le circuit libre, dans quatre salles fermées au public autonome. Le ranger éteint toutes les lumières à un moment : c'est le noir le plus complet que vous connaîtrez jamais.
À réserverCréneau horaire d'entrée obligatoire sur recreation.gov (1 $/pers en plus du pass). Prenez le premier du matin. Et un pull : il fait 13 °C en bas, toute l'année.
Sur la routeRoswell et son International UFO Museum (~7 $). Kitsch total, assumé, drôle — et le musée prend le sujet suffisamment au sérieux pour rester intéressant. Même les lampadaires de la rue principale ont des yeux d'aliens.
Puis la montée sur Albuquerque par la 285 et l'I-40. Le paysage passe du désert de Chihuahua au haut plateau : vous grimpez à 1 600 mètres sans vous en rendre compte.
Deuxième et dernière journée à zéro kilomètre du voyage. Albuquerque est à 1 600 mètres, adossée à une montagne de 3 200, traversée par la Route 66 et par le Rio Grande — et c'est la ville la plus Nouveau-Mexique qui soit.
À l'aube — l'activité du voyageVol en montgolfière, ~200 $/pers, décollage vers 6 h 30, une heure en l'air, champagne à l'atterrissage. Albuquerque est la capitale mondiale du ballon à cause d'un phénomène météo unique, la « boîte d'Albuquerque » : les vents soufflent dans un sens en surface et dans l'autre en altitude, si bien qu'un pilote peut monter, dériver, redescendre et revenir se poser près de son point de départ. Ça ne marche nulle part ailleurs. Vol annulé et remboursé si le vent se lève.
En milieu de matinée — Old Town. La plaza de 1706, l'église San Felipe de Neri qui n'a jamais cessé de servir depuis, et une dizaine de ruelles en adobe. Une heure suffit, c'est petit et c'est joli.
Puis l'Indian Pueblo Cultural Center. Géré par les 19 Pueblos du Nouveau-Mexique, donc raconté de l'intérieur — ce qui change tout par rapport aux musées d'ethnographie habituels. Danses traditionnelles le week-end, et un restaurant qui sert de la vraie cuisine pueblo.
Activité — l'après-midiSandia Peak Tramway (~35 $/pers) : 4,3 km de câble au-dessus des canyons, la plus longue télécabine d'Amérique du Nord, qui vous dépose à 3 163 mètres. En haut, 30 000 km² de visibilité par temps clair et 15 °C de moins qu'en bas — prenez une polaire. Montez en fin de journée : le coucher de soleil sur le désert depuis la crête, avec la ville qui s'allume 1 500 m plus bas, c'est le morceau de bravoure.
Si vous préférez marcherPetroglyph National Monument, en ville : 24 000 gravures amérindiennes et espagnoles sur 27 km d'escarpement volcanique. Le sentier de Boca Negra Canyon fait 1 km et concentre une centaine de pétroglyphes.
Le soir — Central Avenue, c'est-à-dire la Route 66. Les enseignes néon des motels des années 50 sont pour beaucoup restées allumées, et le KiMo Theatre (1927) est un délire architectural « Pueblo Deco » avec des crânes de bison en plâtre peint dans la salle.
Manger — le vrai sujet localAu Nouveau-Mexique on vous demandera « red or green? » — c'est la question officielle de l'État, elle porte sur la sauce au piment. Répondez « Christmas » pour avoir les deux. À tester : le Frontier Restaurant en face de l'université (ouvert depuis 1971, cinémascope de sociologie locale), Sadie's ou El Pinto pour la version sérieuse.
Le rendez-vous que vous ratez de dix joursLa Balloon Fiesta — 500 montgolfières décollant ensemble, le plus grand rassemblement du genre au monde — se tient la première semaine d'octobre, donc autour du 3 au 11 en 2026. Vous arrivez le 20. Le Balloon Museum reste ouvert toute l'année, et votre vol privé vous donnera de toute façon la meilleure part.
Descente plein sud par l'I-25 puis la 380 et la 70, à travers le bassin de Tularosa. Journée courte, calée pour arriver aux dunes en fin d'après-midi.
Le troisième désert de sable du voyageWhite Sands National Park : 700 km² de gypse blanc pur, si réfléchissantes qu'on plisse les yeux en plein soleil. Ce n'est pas du sable de silice — c'est du plâtre, doux et frais sous les pieds même par trente degrés. Louez une luge en plastique au visitor center (~20 $, rachetée à la sortie) et descendez les pentes.
Kelso qui gronde dans le Mojave, Great Sand Dunes à 230 m contre les Rocheuses, et maintenant du gypse blanc : trois déserts de sable qui n'ont rien à voir entre eux, sur un seul voyage.
Activité — viser le coucher de soleilÀ la tombée du jour, le gypse vire au rose puis à l'or, les ombres deviennent bleues, et il ne reste presque personne. Les rangers organisent des « Sunset Strolls » gratuites (1 h, départ ~1 h avant le coucher) et, certains soirs, des randonnées de pleine lune. Consultez le programme du jour à l'entrée.
Attention — fermeturesLe parc est enclavé dans le champ de tir de White Sands Missile Range et ferme quelques heures lors des essais, généralement annoncés à l'avance. Vérifiez sur nps.gov/whsa la veille.
Grosse journée d'I-10, mais elle contient le meilleur musée du désert au monde.
Activité — arrêt de trois heures à TucsonL'Arizona-Sonora Desert Museum (~30 $/pers) n'est pas un musée : c'est 8 hectares de désert reconstitué à ciel ouvert, mi-zoo mi-jardin botanique mi-aquarium, régulièrement classé parmi les dix meilleures institutions de ce type au monde. Loutres de rivière, colibris en volière traversante, et un spectacle de rapaces en vol libre où les buses passent à trente centimètres au-dessus des têtes. Prévoyez trois heures, et allez-y le matin quand les animaux sont actifs.
Saguaro National Park est juste à côté (même route) : la forêt de cactus géants. Certains ont deux cents ans et quinze mètres. Un saguaro ne fait pas pousser son premier bras avant soixante-dix ans — ceux que vous voyez avec des bras étaient déjà là avant l'Arizona.
Puis I-10 puis I-8 plein ouest jusqu'à Yuma. Rien à voir là-bas : c'est une étape technique, et elle rend le dernier jour tranquille.
À faire ce soir, pas demain matinDernier plein de carburant, dernière vidange des eaux noires et grises, et nettoyage de l'habitacle. Les loueurs facturent 100 à 250 $ pour un intérieur sale, et le réservoir noir non vidé est facturé à part.
Départ 5 h 30. Quatre cents kilomètres tranquilles, et une dernière bizarrerie parfaitement placée sur la route.
Insolite — le dernier arrêtLa Salton Sea est une mer intérieure née par accident en 1905, quand une digue a lâché sur le Colorado. Station balnéaire glamour dans les années 50, abandonnée quand la salinité a tué les poissons : il reste des marinas à sec, des motels éventrés et des plages faites d'os de poissons broyés.
Sur la rive est, Salvation Mountain — une colline de quinze mètres qu'un homme, Leonard Knight, a couverte à la main de peinture et de versets pendant trente ans, jusqu'à sa mort. Et juste derrière, Slab City, « la dernière ville libre d'Amérique » : une communauté installée sur les dalles de béton d'une base militaire abandonnée, sans eau courante, sans électricité et sans autorité. Comptez une heure sur place, c'est largement assez.
Puis les 300 derniers kilomètres par Indio et la I-10. Vous rendez le camping-car en fin de matinée, dans les temps.
Le calcul du dernier jourYuma → Los Angeles fait 5 h de route. En partant à 5 h 30 et en comptant une heure à Salvation Mountain, vous êtes au dépôt vers 11 h 30. C'est précisément pour ça que l'étape d'hier montait jusqu'à Yuma : depuis Tucson, il aurait fallu partir à 3 h du matin.